46e Congrès National

 La Croix Bleue
 S
ALON de PROVENCE

46e Congrès National
http://salon.croixbleue.fr salon@croixbleue.fr

Rendez-vous en bas de page pour lire les Informations pratiques sur la section de Salon de Provence

  PRESENTATION
Association Loi 1901, reconnue d’utilité publique
BUTS :
* Aide à la guérison des personnes en difficulté avec l’alcool
* Prévention de l’alcoolisme
LES MOYENS :
* 3 centres de postcure :
F Virac - 07150 LABASTIDE de VIRAC
F Le Phare - 1, Rue Alphonse Tanguy - 56104 LORIENT
F La Presqu’île - 1, Rue du Président Allende - 62219 LONGUENESSE
* 1768 Membres au 31/12/04 regroupés en
- 12 Régions & 88 Structures locales
* Formation continue pour tous les membres de l’association
* Des réunions locales à Thème,
* Un journal trimestriel ,  Le Libérateur .
* Echanges et partenariat avec les secteurs médicaux, sociaux , structures sociales & judiciaires
* Prévention, Information, travail en réseau
*SPECIFICITES 
 La reconnaissance du malade alcoolique en tant que personne
*  Un engagement écrit, signé entre l’accompagnant et l’accompagné
*  La confiance accordée à l’autre, pas de jugement
*  Une Aide et un Suivi personnalisé, prouver que "c’est possible"
*  Une Ecoute, un Partage, un Soutien avec le groupe
*  Informer, Accompagner, s’Engager
*  Lutte contre : les préjugés, l’exclusion, le mépris, l’indifférence
*  Solidarité : l’engagement de l’accompagnant n’est pas une adhésion à un parti, une religion,
          c’est un "comportement de tous les instants
*  Le libre choix d’une vie sans alcool
*  Le témoignage des personnes qui sont devenus des accompagnants
*
*

Depuis plus d’un siècle, le dévouement des Bénévoles de La Croix Bleue
permet au buveur de retrouver :
 
«
Dignité, Liberté, Sens des responsabilités, Espoir d’une vie meilleure ».

- Où nous rencontrer sur SALON DE PROVENCE - Ancienne école de Bel Air, avenue
- Jacques Chaban Delmas 13300 Salon de Provence
- Tous les jeudi à 20h30
- Qui Contacter

- PAUPARDIN Michèle & Dominique:
- Téléphone : 04.90.42.10.18
- Portable : 06.14.69.12.83

- PICHOIR Claudette : Portable : 04.90.53.37.56
- ROMAND Daniuel & Marie France : Téléphone : 04.42.92.84.68

- Quand se déroulent les Réunions  Tous les Jeudi à 20h30
- Atelier Créativité  - Tous les 2ème et 4ème lundi du mois de 15h à 17h (A la même adresse que pour les réunions)
- Nous écrire  - salon@croixbleue.fr
- Site National de la Croix Bleue  - http://www.croixbleue.fr
- Les autres sections en France  - Annuaire National de la Croix Bleue
- Mairie de SALON DE PROVENCE

 - http://www.salondeprovence.fr/
- CPAM de SALON de PROVENCE   - www.ameli.fr/


Témoignage

L’alcool ? Je l’ai goûté dès mon plus jeune âge (bière de table au cours du repas, c’était un aliment) il faut dire que je suis «chti-mi».

Ma première cuite, je m’en souviens encore, j’avais quatorze ans, avec des copains, lors de la fête du village, nous avons fait le tour des bistrots, nous étions joyeux et euphoriques, «nous étions des hommes », je suis rentré  à la maison, je me suis fait enguirlander, j’ai vomi dans les toilettes (pendant deux mois je ne pouvais y entrer sans en sentir l’odeur du «pastis » bien que celles-ci soient propres). Par la suite je me suis calmé jusqu’à l’âge de dix-sept ans, il faut dire que je n’avais pas beaucoup d’argent.

Puis, débuta la vie active, j’avais des journées et quelques week-ends de libres, j’avais un peu plus d’argent et je passais mon temps libre au bistrot plus qu’à la maison où je ne me sentais pas bien.

A vingt-deux ans je me suis marié, plus pour quitter le milieu familial que par amour (mon mariage dura trois ans), je continuais à fréquenter les bars.

Après mon divorce, j’ai récupéré ma fille, je l’ai élevé seul et je continuais à fréquenter les bars où je jouais beaucoup aux cartes et arrosais chaque partie gagnée ou perdue.

Le temps passe, les habitudes se prennent, la vie continue jusqu’à l’âge de trente-six ans où je me suis rendu compte que j’avais un problème avec l’alcool, j’allais souvent chez mon médecin, mais ne parlais pas de mon problème. Ce médecin a été très patient et psychologue avec moi (4/5 ans), c’est grâce à lui que j’ai pu enfin m’avouer mon alcoolisme, «j’étais un alcoolique », cela ne m’a pas empêché à continuer à boire, j’étais dépendant de l’alcool.

Les remarques de mon entourage, les problèmes de santé (douleurs, micro-ulcère à l’estomac), l’incontinence ainsi que le désespoir de vivre, m’ont fait prendre la décision de partir en cure, j’ai eu la chance que mon médecin, lorsque la décision fut prise, décrocha le téléphone et prit de suite une date d’admission (trois semaines de délais), j’étais devant le fait accompli et ne pouvais plus reculer, le mur que j’avais mis devant moi (la garde de ma fille) tomba par la décision de celle-ci qui se trouva un lieu d’accueil pendant mon séjour.

A 40 ans, je partis en cure (aux Bruyères à GRASSE ) dans l’espoir que l’on me guérisse et non que je me guérisse. J’ai failli partir au bout de trois jours car l’on ne s’occupait pas assez à mon goût de moi. Ma décision était prise, mais grâce à dieu, un patient est arrivé, il avait un ventre énorme, il n’est resté qu’une nuit et est parti. Je me suis dit que je ne finirais pas comme lui et suis resté.

J’ai beaucoup appris en cure, les outils reçus, m’ont servi et me servent encore. J’y ai aussi  beaucoup entendu, qu’à la sortie, il ne fallait plus toucher à l’alcool de quelque façon que celui-ci soit présent (plats cuisinés, boissons, gâteaux, bonbons, produit d’hygiènes etc.).

 

Lors de la sortie en février 1994, j’étais vigilant vis à vis de l’alcool, toujours et partout. Mais, mon caractère me forçait à affronter l’alcool, j’allais au café, au restaurant, je faisais les courses etc... !

Chaque fois que je voyais les autres consommer ou, dans les rayons je voyais les bouteilles, je parlais à l’alcool en disant : « tiens, toi tu ne m’auras pas ».

J’ai tenu, seul, pendant deux ans (je ne me suis jamais réalcoolisé) répétant toujours la même phrase. Mais j’étais abstinent et c’est tout. Puis j’ai rencontré la CROIX BLEUE grâce à une copine de travail qui y avait des amis, c’était au moment où j’en avais besoin, je cherchais, seul dans mon coin à entrer en contact avec une association (aide de dieu ? : oui). Là, j’ai appris l’humilité, j’ai laissé tomber mon orgueil, j’ai enfin appris à vivre la vraie vie faite de bonheur et de petits riens que l’on doit apprécier à leurs justes valeurs. C’est aussi à la CROIX BLEUE, au contact de ses membres, par leur écoute et par mon écoute des témoignages, des conseils, que le soir du 21/03/97, j’ai été libère et guéri. Alors qu’avec Lilian : (mon parrain, je n’étais pas encore membre actif) nous présentions un sujet sur la réalcoolisation le déclic est arrivé. Jusqu’à ce jour je me disais : « un jour peut-être ! ».

Je suis devenu membre actif de la section d’Arles le 25/07/97, ma marraine : Michèle, mon parrain : Lilian. J’ai cinquante ans, j’aide et accompagne des personnes dans leur combat pour arriver à la libération et la guérison. Je suis heureux. La vie est belle.
 Aujourd’hui !Je suis toujours vigilant vis à vis de l’alcool cela est devenu naturel pour moi. Mais, la vigilance je l’applique aussi à préserver mon bien être, je suis vigilant pour aller ou ne pas aller dans des lieux ou des réunions où je ne me sentirais pas bien, je me fais plaisir et je tiens à ce que cela dure, donc : j’apporte une attention de chaque instant pour continuer à vivre la vie que j'ai choisie de vivre avec la CROIX BLEUE.
Dominique     

 

Anniversaire Michèle 2007

L’alcool a toujours fait parti de notre vie de couple, épisodiquement c’est vrai, mais assez pour que cela entraine des disputes à cause de lui.

En 1982, nous avons déménagé à salon de Provence. J’étais contente, je pensais que l’éloigner des copains, nous éloignerait de l’alcool. Mais non ! L’alcool était toujours là, toujours par épisode, mais assez pour moi et être en mal-être.

Puis cette consommation s’est accentuée, a fait partie de notre vie. Tous les week-ends (à la maison), j’étais mal. Toujours des disputes, des colères, des retours en voiture avec la peur au ventre (cela voulait dire qu’il avait trop chargé). Je pense que nous avons eu « un bon Dieu » au dessus de nos têtes.

Je me rappelle d’une certaine route dans la montagne, du côté de Digne (à Draix), chez des amis, où nous avions le précipice sur le côté et où je priais, la peur nouée au ventre. Les enfants étaient aussi dans la voiture.

Et l’alcool s’est accentué. Nous nous étions rendu compte qu’il amenait des bières au travail dans la semaine et certains soirs, lorsqu’il rentrait, ce n’était pas toujours trop ça ! Tout tournait autour de l’alcool dans notre foyer.

Les disputes entre nous et surtout Céline notre fille qui en voulait énormément à son père. Pas moyen de discuter, il niait tout en bloc et ses mensonges  me faisaient encore plus mal, me donnaient comme des coups de poignard.

Et puis, l’été 1993, où nos vacances entre amis ont été catastrophiques, avec l’alcool au quotidien. J’étais morte de honte, les enfants aussi. Je suis rentrée seule avec les enfants deux jours avant la fin de notre séjour. Je n’en pouvais plus, il faut dire que cette année là, en mars, Dominique a été au chômage.

A partir de là, l’alcool a été son compagnon quotidiennement et pour moi, une maitresse qui passait avant tout.

En rentrant de vacances, j’ai pris le taureau par les cornes, je me suis renseignée auprès d’associations (alcooliques anonymes) entre-autre.

Ma vie était un enfer, je ne dormais plus, j’allais au boulot et rentrais avec la peur car il  avait envie de se suicider sans arrêt. Au mois de septembre de cette même année, Céline, qui avait seize ans, a décidé de partir à Marseille chez les grands parents pour faire ses études (moi je savais bien que c’était pour fuir le climat familial), Julien, lui qui avait douze ans, s’est muré, enfermé sur lui-même, passant plus de temps dans sa chambre qu’avec nous.

Nous vivions au quotidien avec l’alcool.

De disputes en disputes, de colères en colères, j’étais épuisée mais ne lâchais pas le morceau. Je l’ai obligé à aller voir une psy qui s’occupait de l’alcool, je voulais le menacer de séparation, qu’il fasse une cure.

Nous étions à la fin de l’année 93, et évidemment, il n’était pas question pour Dominique de faire quoi que ce soit, car il y avait les fêtes de fin d’année. Rendez-vous a été pris pour début janvier 94 faire un sevrage en Arles.

Pendant ce séjour, Dominique a rencontré Louis Mante (vous le connaissez) qui lui a parlé de la Croix Bleue et nous a invités aux réunions.

Je croyais dur comme fer à ce sevrage.

Nous sommes allés aux réunions Croix Bleue, pour moi c’était un ballon d’oxygène, j’avais trouvé un endroit pour déballer mon fardeau, évacuer mon angoisse, mon mal-être.

Et puis : « pat à traque », trois semaines plus tard, rechute ! Je suis tombée de haut, lui me disant qu’il allait gérer.

De nouveau, l’alcool au quotidien. Je n’en pouvais plus ! Mais j’avais trouvé des amis avec qui en parler et qui venaient d’Arles pour le voir. Même le chercher, le jour où il a fait un délirium et amener à l’hôpital d’Arles. On ne se parlait plus, on se laissait des mots accablants, on ne communiquait plus. Jusqu’à ce fameux 9 mars 1994, où il a eu cet accident de voiture, délit de fuite, les flics à la maison et une garde à vue.

Je suis restée là, pensant que tout était fini, qu’il ne s’arrêterait jamais, qu’il fallait que je prenne des décisions pour moi et les enfants, car je n’avais pas le droit de leurs faire vivre cet enfer.

Entre temps, j’étais parti 15 jours chez une amie, pendant les vacances scolaires de février. Physiquement et moralement : je n’en pouvais plus !

C’est à ce moment là, qu’il a fait appel au responsable de la Croix Bleue d’Arles, pour partir en postcure à Virac.

Le 9 mars était un mercredi.

Le 10 mars, je l’ai ramené au commissariat aussi mal que la veille pour rendre son permis, le 11 mars, nous sommes allés à la réunion Croix Bleue en Arles. C’est ce jour qu’il a signé son premier engagement avec Louis.

J’en ai signé un moi aussi, j’étais prête à tout pour l’aider et pour que tout cela s’arrête. Cet engagement, il le tient depuis cette date. Et puis le départ à Virac en avril 94 pour trois mois.

Nous étions malheureux et écorchés vifs tous deux par cette situation. Mais il nous fallait cette séparation à tous deux : lui pour l’alcool, moi pour me retrouver avec moi-même et me remettre en question.

Pendant ces trois mois, j’ai continué à aller aux réunions Croix Bleue. J’avais besoin de mes amis et de soutien.

Nous correspondions par lettres dans lesquelles beaucoup de choses étaient dites plus qu’au téléphone. Et puis première visite où j’ai trouvé Dominique changé, où nous recommencions à nous parler.

A la sortie de Virac, une semaine au camping de la Croix Bleue. Une semaine pour nous deux à nous retrouver. Construire une vie de couple « Nouvelle ». J’étais confiante. J’y croyais et nous allions prier à l’église de Vernoux. C’est pour cela que Vernoux est le départ de cette nouvelle vie.

De retour à la maison, nous avons continué à aller aux réunions Croix Bleue toutes les semaines en Arles.

Pour ma part, ces personnes étaient très importantes, des piliers sur lesquels je pouvais compter. Nous nous construisions avec eux. Je leurs en doit un grand merci.

Et puis un an d’abstinence, nous sommes passés Membres Actifs de la section d’Arles.

Mai 95 ! A partir de ce moment, j’ai eu la rage de vouloir m’investir dans la section, d’aider les autres, mon engagement d’abstinence était pour moi. Je n’avais plus rien à voir avec l’alcool, je l’avais anéanti !

Nous avons aidé beaucoup de personnes de Salon à partir de là. Il en a découlé la permanence à Salon en janvier 97 avec Notre Ami Lilian pour qui j’ai une pensée ce soir. Le groupe s’est agrandi. Nous sommes devenus section à part entière en 2001, dont j’ai pris la responsabilité entourée des membres actifs (10 ans aujourd’hui).je me suis épanouie au sein de la Croix Bleue et je suis devenue ce que je suis aujourd’hui.

La Croix Bleue m’a donné une ouverture de vie et a permis de me réaliser.

Je ne regrette rien. Cette histoire d’alcool nous a fait changé et grandir. Et surtout permis cette nouvelle vie de couple sans alcool.


Michèle
Salon de Provence
1er mars 2007

 

Copyright © 2001  SOCIETE FRANCAISE DE LA CROIX-BLEUE